• La négation de l' identité francique en France, en Allemagne et en Belgique.

     La négation de l' identité francique  en France, en Allemagne et en Belgique.

     

    Le plus difficile pour le mouvement linguistique et culturel francique est de débarrasser la langue et la culture transfrontalières franciques de l'étiquette « allemande » que le jacobinisme français et l'impérialisme allemand lui ont à tort accollée.

    Chaque « plattophone » habitant l'hexagone porte en lui les marques infamantes d'accusations du type « Boche de l'Est » ou « Spountz ». Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la culpabilisation linguistique des locuteurs franciques de Moselle est passée par des sommets. Parler Platt en France revenait à être l'héritier en ligne directe de la « Kultur maudite ». Les mensonges historiques allant bon train, Platt voulait dire « allemand »; c'est-à-dire nazi.... D'où les pires culpabilisations: la partie francique de la Moselle étant accusée par la propagande française d'être un « nid de collaborateurs ». Ces mensonges ont été formellement contredits par des milliers de témoignages et l'inlassable travail de recherche de l'historien Marcel NEIGERT*(1) sur la résistance antifasciste en Moselle * (2).

    Comment expliquer le fait que ces informations historiques d'importance capitale soient si peu répercutées au niveau national * (3)? Comment expliquer la quasi-absence dans les livres d'Histoire de la question des « Malgré-Nous », ces 120.000 Alsaciens, Lorrains et Luxembourgeois enrôlés de force pour servir de chair à canon pour les besoins de la folie guerrière nazie?

    La « réparation historique » n'a jamais eu lieu. Or, celle-ci est nécessaire car les traumatismes ne s'effaceront pas en quelques générations. Les Mosellans attendent que soit mis fin aux amalgames historiquement et linguistiquement erronés. Et dire qu'aujourd'hui encore, la plupart des Français (et des Lorrains!), quand ils n'ignorent pas purement et simplement le fait linguistique francique, pensent que le Platt est un « reste des annexions »!

     

    Les luxembourgeophones de l'Arelerland, le pays d'Arlon en Belgique, souffrent également de ce pitoyable amalgame. Le sénateur P. NOTHOMB affirmait: « Les habitants patoisants de notre région, blessés de certaines confusions insultantes, ont tout fait depuis la première guerre pour ne plus être confondus par les ignorants et les imbéciles avec les envahisseurs de 1914.» *(4).

     

    En Allemagne, les locuteurs de Platt sont aujourd'hui encore accusés de parler un allemand « déformé », un langage de paysans. Les brimades et moqueries fusent à l'encontre de ceux qui ne veulent pas adopter un « reines Hochdeutsch » (« un allemand pur »). Seule la région de Cologne (où le « Kölsch »- francique ripuaire- est très en vogue) et dans une certaine mesure la Sarre semblent échapper à cettte situation du fait d'une conscience linguistique qui s'est développée ces dernières décennies, notamment en milieu urbain.

     

    * (1): in « La résistance en Moselle ». Cahiers n°7 & n°10 du Cercle Jean Macé – Ligue de l'Enseignement. * (2): « En Moselle, les groupes de résistants se sont formés sur une base syndicale: fer, charbon ou cheminots ». « Dès les premiers mois de l'annexion, les dialectophones se donnent le mal de parler français et portent le béret basque ». Intervention lors de la Conférence « La résistance en Moselle » (10 décembre 1981 - Grand Salon de l'Hôtel de Ville de Metz). * (3): Notamment la question des « maquis-refuges » des réfractaires et déserteurs de Moselle francique contre lesquels la Gestapo exerça une répression terrible.

     

    (Photo: Stroosseschëld zu Rosbrück / ACBHL)

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